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PARIS, 10 jan 2006 (AFP)
L'ancien Premier ministre Laurent Fabius a officialisé mardi sa candidature à l'investiture du PS pour la présidentielle de 2007, un signe de plus qu'à l'aube de 2006 et onze mois avant la désignation, la bataille entre les postulants est pleinement engagée.
Le député de Seine-Maritime, âgé de 59 ans, a profité de ses voeux à la presse, qu'il organisait pour la première fois depuis 2002, pour confirmer sa détermination à porter les couleurs de la gauche en 2007 au moment où Ségolène Royal caracole en tête des sondages.
Sa candidature est tellement "naturelle", expliquait son entourage, que Laurent Fabius n'en a pas parlé directement dans son allocution, à la questure de l'Assemblée nationale. Mais, invité par la presse à la confirmer, il n'a pas hésité. C'est "oui", a-t-il répondu d'un ton ferme.
Si "le fils préféré de François Mitterrand", comme des proches de l'ex-président l'ont parfois appelé, est choisi, le slogan de campagne est déjà tout trouvé: "Changer la vie, vraiment".
M. Fabius s'est situé dans la continuité du seul chef d'Etat socialiste de la Ve République, qui avait mené sa campagne pour l'Elysée en 1974 derrière le mot d'ordre "Changer la vie". Il a d'ailleurs cité mardi le président défunt ("Là où il y a une volonté, il y a un chemin"), avant d'ajouter: "la politique, c'est la volonté".
Laurent Fabius est le troisième socialiste à se déclarer officiellement, après Jack Lang (début 2005) et Dominique Strauss-Kahn (août 2005). Quant à Ségolène Royal, c'est tout comme: "si l'élan se poursuit, ce que je crois, si les électeurs de gauche me demandent, ce que j'espère, alors je m'imposerai naturellement", déclarait-elle en décembre.
En apparence, la popularité grandissante de la présidente du Poitou-Charentes n'impressionne pas l'ex-Premier ministre. "Tout ce qu'ont prédit les sondages a toujours été infirmé", a-t-il commenté, exemples à l'appui.
Des amis de M. Strauss-Kahn décèlent cependant dans l'annonce fabiusienne une volonté de ne pas céder le champ libre à Mme Royal. Ils y voient aussi une preuve que la désignation du candidat doit être avancée. "Il est urgent que la gauche s'incarne dans un homme", s'inquiète l'un d'eux, un élu de poids en Ile-de-France.
M. Fabius lui-même a "regretté" mardi cette désignation "tardive", craignant la poursuite d'une polyphonie qui risque de rendre le PS inaudible, selon lui.
Dès samedi, c'est DSK qui se lance dans l'arène, en présentant dans les Hauts-de-Seine "son chemin pour un renouveau français", selon le texte de l'invitation.
Ce n'est pas tout: "Lionel Jospin se prépare", assure un de ceux qui le connaissent bien, tandis que, selon la même source, le premier secrétaire du PS François Hollande "n'a pas renoncé", attendant son heure si les circonstances s'y prêtent.
Pour sa part, Laurent Fabius entend incarner "une volonté qui change (les choses) sur le terrain". Il a insisté sur la nécessité de "s'attaquer aux dérives massives de la mondialisation libérale". "Une Europe ouverte, oui, une Europe offerte, non", a-t-il lancé.
Le député de Seine-Maritime a placé son action sous le signe de "trois maîtres-mots : volonté, changement, rassemblement". "S'il n'y a pas de rassemblement à gauche, le changement est impossible", a-t-il averti.
Il a demandé à la direction du PS d'oeuvrer pour que le sommet de la gauche, prévu fin janvier, pour tenter de négocier "un contrat de gouvernement" d'ici 2007, soit couronné de succès.
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